Confession
Le Seigneur Jésus-Christ, médecin de nos âmes et de nos corps, Lui qui a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps (cf. Mc 2, 1-12), a voulu que son Église continue, dans la force de l’Esprit Saint, son œuvre de guérison et de salut, même auprès de ses propres membres. C’est le but des deux sacrements de guérison : du sacrement de la Confession et de l’Onction des malades.
Ce sacrement est le signe de l´amour infini de Dieu. Le pardon de Dieu est toujours possible, si nous faisons une démarche vraiment sincère. En se reconnaissant pécheur, nous croyons que l´Amour infini de Dieu est toujours le plus fort. Le dialogue avec un prêtre est le signe efficace de la réconciliation avec Dieu et avec nos frères.
comment se confesser
Faire son examen de conscience, c’est prendre un temps en silence devant Dieu, dans la prière, pour revoir tout ce que je n’ai pas fait, ou mal fait :
• je n’ai pas fait tout ce que Dieu attendait de moi.
• je n’ai pas écouté ma conscience.
Où en suis-je dans :
• ma relation à DIEU
• ma relation aux AUTRES
• ma relation à MOI-MEME
Si vous n’avez pas l’habitude de vous confesser, dites-le tout simplement au prêtre, il saura vous aider. Il est bon de commencer par prier avec lui, à partir d’un texte biblique éventuellement. Puis, vient l’aveu proprement dit. Si vous n’avez pas l’habitude de vous confesser, dites-le tout simplement au prêtre, il saura vous aider.
Le prêtre est tenu au secret le plus strict sur tous les péchés entendus.
• Le fidèle se rend auprès du confesseur et dit :
Bénissez-moi mon Père car j’ai péché.
• Le prêtre bénit le pénitent en disant :
Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres pour que vous fassiez une bonne et sincère confession.
Ma dernière confession remonte à …
• Le pénitent fait alors l’aveu de ses péchés, préparé par l’examen de conscience ci-dessus.
• Après avoir dit quelques paroles, le prêtre invite le pénitent à dire son acte de contrition :
Mon Dieu j’ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
• Le prêtre dit alors l’absolution :
Que Dieu notre Père vous montre miséricorde ; par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : par le ministère de l’Église qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés. Que par la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, les mérites de la bienheureuse Vierge Marie, de tous les saints, tout ce que vous ferez de bon et supporterez de pénible contribue au pardon de vos péchés, augmente en vous la grâce et vous conduise à la vie éternelle.
• Le pénitent, après s’en être allé, prend le temps de réaliser la pénitence qu’il a reçue.
Qu’est-ce que le péché ?
Le péché est une offense faite à Dieu : « Contre toi, toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait » (Ps 51, 6). Le péché se dresse contre l’amour de Dieu pour nous, et en détourne nos cœurs. Catéchisme de l’Église catholique (§ 1849, 1850). Le péché est un manque d´amour envers Dieu, envers son prochain et envers soi-même. C’est une action, ou une intention, voire une parole dite, en toute liberté, pour commettre le mal. Il entraîne, pour celui qui l’a commis un éloignement de la justice, de la vérité, de Dieu qui est amour.
Est-ce que Dieu pardonne tout ?
Oui, nous pouvons être certains que Dieu pardonne tous les péchés. Aucun péché ne dépasse sa capacité de pardonner. Les exemples ne manquent pas de grands pécheurs entièrement réconciliés avec Dieu : Saint Pierre après son reniement, le bon larron pourtant condamné à mort pour de lourdes fautes, sainte Marie-Madeleine ancienne prostituée, Dieu est prêt à tout nous pardonner si nous lui en demandons pardon. « Si votre cœur vous condamne, Dieu est plus grand que votre cœur » (1 Jn 3, 20).
Pourquoi avouer ses péchés à un prêtre ?
Après sa résurrection, Jésus a dit à ses apôtres : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. » (Jn 20, 23). Le prêtre a reçu du Christ, par l’intermédiaire de l’Église, ce même pouvoir de pardonner. Rempli de la miséricorde de Jésus, il accueille le pénitent avec amour et respect, il console, libère, éclaire et exhorte. Certains estiment pouvoir demander pardon directement à Dieu. Ce n’est pas totalement faux, pour ce qui n’est pas très important ; par contre, la confession est indispensable en cas de péché grave. Dans tous les cas, sans passer par un prêtre, nul n’a la certitude d’avoir effectivement reçu le pardon, «Je vous pardonne tous vos péchés » assure le prêtre dans l’absolution. Quelle délivrance ! Nous ne sommes pas des purs esprits, mais des êtres de chair ! Nous avons besoin de voir Dieu nous pardonner, de l’entendre nous pardonner. C’est pourquoi il a institué les prêtres comme médiateurs de son pardon.
Que va penser le prêtre ?
La peur d’être jugé par le prêtre est un frein tenace pour empêcher de recevoir le pardon de Dieu. Pourtant, le prêtre est lui aussi rempli de faiblesse, il connaît d’expérience combien il est difficile parfois de se confesser. Aussi, au lieu d’écraser le pénitent qui s’accuse d’une faute dont il a honte, il va plutôt l’admirer. Une personne qui demande pardon est toujours infiniment plus grande que sa faute. Elle grandit dans l’humble reconnaissance de ses manquements. Bien loin de déprécier le pécheur, le prêtre participe à la grande joie de Dieu de pardonner : « Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 10).
Et si je n’ai aucun péché à me reprocher ?
Il y a alors deux solutions : ou bien vous êtes parfait, ce papier ne vous sera donc d’aucune utilité… ou bien votre conscience n’est pas en bon état. Il est grand temps de lui donner un peu d’exercice en la confrontant à l’examen de conscience qui suit. Si vous vous êtes classé dans la catégorie « parfait », il serait bon de méditer ce verset de la Bible : « Si nous disons : nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, fidèle et juste comme il est, Dieu nous pardonnera. » (1 Jn 1, 8-9).
Et si j’attendais d’être mieux préparé ?
Pourquoi passer à côté de la grâce qui vous est offerte aujourd’hui ? « Aujourd’hui, si vous entendez la voix du Seigneur, n’endurcissez pas votre cœur » (Ps 94). Déjà, saint Paul s’adressait ainsi aux premiers chrétiens : « Nous vous en supplions, au nom du Christ. Laissez- vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).
Je dis toujours la même chose, à quoi bon me confesser encore ?
Certains péchés ont des racines si profondes qu’il faudra lutter contre eux toute sa vie. Ce combat a du prix aux yeux du Seigneur, il contribue au salut du monde et au nôtre. Le chrétien se confessant régulièrement de fautes semblables montre qu’il persévère fidèlement dans la lutte contre le péché. Petit à petit, unie à tous nos efforts, la grâce de Dieu nous transforme en profondeur : « Il a le pouvoir de réaliser en nous, par sa puissance, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer » (Ep 3, 20). Nous ressortons de la confession, plus forts que nous y sommes entrés.
en bref
» Le soir de Pâques, le Seigneur Jésus se montra à ses Apôtres et leur dit : ‘Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus’ « (Jn 20, 22-23).
♦ Le pardon des péchés commis après le Baptême est accordé par un sacrement propre appelé sacrement de la conversion, de la confession, de la pénitence ou de la réconciliation.
♦ Qui pèche blesse l’honneur de Dieu et son amour, sa propre dignité d’homme appelé à être fils de Dieu et le bien-être spirituel de l’Église dont chaque chrétien doit être une pierre vivante.
♦ Aux yeux de la foi, aucun mal n’est plus grave que le péché et rien n’a de pires conséquences pour les pécheurs eux-mêmes, pour l’Église et pour le monde entier.
♦ Revenir à la communion avec Dieu après l’avoir perdue par le péché, est un mouvement né de la grâce du Dieu plein de miséricorde et soucieux du salut des hommes. Il faut demander ce don précieux pour soi-même comme pour autrui.
♦ Le mouvement de retour à Dieu, appelé conversion et repentir, implique une douleur et une aversion vis-à-vis des péchés commis, et le propos ferme de ne plus pécher à l’avenir. La conversion touche donc le passé et l’avenir ; elle se nourrit de l’espérance en la miséricorde divine.
♦ Le sacrement de la Pénitence est constitué par l’ensemble des trois actes posés par le pénitent, et par l’absolution du prêtre. Les actes du pénitent sont : le repentir, la confession ou manifestation des péchés au prêtre et le propos d’accomplir la réparation et les œuvres de réparation.
♦ Le repentir (appelé aussi contrition) doit être inspiré par des motifs qui relèvent de la foi. Si le repentir est conçu par amour de charité envers Dieu, on le dit » parfait » ; s’il est fondé sur d’autres motifs, on l’appelle » imparfait « .
♦ Celui qui veut obtenir la réconciliation avec Dieu et avec l’Église, doit confesser au prêtre tous les péchés graves qu’il n’a pas encore confessé et dont il se souvient après avoir examiné soigneusement sa conscience. Sans être en soi nécessaire, la confession des fautes vénielles est néanmoins vivement recommandée par l’Église.
♦ Le confesseur propose au pénitent l’accomplissement de certains actes de » satisfaction » ou de » pénitence « , en vue de réparer le dommage causé par le péché et de rétablir les habitudes propres au disciple du Christ.
♦ Seuls les prêtres qui ont reçu de l’autorité de l’Église la faculté d’absoudre peuvent pardonner les péchés au nom du Christ.
♦ Les effets spirituels du sacrement de Pénitence sont :
– la réconciliation avec Dieu par laquelle le pénitent recouvre la grâce,
– la réconciliation avec l’Église ;
– la remise de la peine éternelle encourue par les péchés mortels ;
– la remise, au moins en partie, des peines temporelles, suites du péché ;
– la paix et la sérénité de la conscience, et la consolation spirituelle ;
– l’accroissement des forces spirituelles pour le combat chrétien.
♦ La confession individuelle et intégrale des péchés graves suivie de l’absolution demeure le seul moyen ordinaire pour la réconciliation avec Dieu et avec l’Église.
♦ Par les indulgences les fidèles peuvent obtenir pour eux-mêmes et aussi pour les âmes du Purgatoire, la rémission des peines temporelles, suites des péchés.
Sources : Catéchisme de l’Église Catholique
Comment s'appelle ce sacrement ?
Il est appelé sacrement de conversion puisqu’il réalise sacramentellement l’appel de Jésus à la conversion (cf. Mc 1, 15), la démarche de revenir au Père (cf. Lc 15, 18) dont on s’est éloigné par le péché.
Il est appelé sacrement de Pénitence puisqu’il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur.
Il est appelé sacrement de la confession puisque l’aveu, la confession des péchés devant le prêtre est un élément essentiel de ce sacrement. Dans un sens profond ce sacrement est aussi une » confession « , reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l’homme pécheur.
Il est appelé sacrement du pardon puisque par l’absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent » le pardon et la paix » (OP formule de l’absolution).
Il est appelé sacrement de Réconciliation car il donne au pécheur l’amour de Dieu qui réconcilie : » Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Celui qui vit de l’amour miséricordieux de Dieu est prêt à répondre à l’appel du Seigneur : » Va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 24).
Pourquoi ce sacrement après le Baptême ?
» Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6,11). Il faut se rendre compte de la grandeur du don de Dieu qui nous est fait dans les sacrements de l’initiation chrétienne pour saisir à quel point le péché est une chose exclue pour celui qui a » revêtu le Christ » (Ga 3, 27). Mais l’apôtre saint Jean dit aussi : » Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous abusons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous » (1 Jn 1,8). Et le Seigneur lui-même nous a enseigné de prier : » Pardonne-nous nos offenses » (Lc 11,4) en liant le pardon mutuel de nos offenses au pardon que Dieu accordera à nos péchés.
La conversion au Christ, la nouvelle naissance du Baptême, le don de l’Esprit Saint, le Corps et le Sang du Christ reçus en nourriture, nous ont rendu » saints et immaculés devant lui » (Ep 1, 4), comme l’Église elle-même, épouse du Christ, est » sainte et immaculée devant lui » (Ep 5, 27). Cependant, la vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés pour qu’ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne aidés par la grâce du Christ (cf. DS 1515). Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler (cf. DS 1545 ; LG 40).
Conversion des baptisés
Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : » Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15). Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.
Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui » enferme des pécheurs dans son propre sein » et qui » est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du » cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10).
En témoigne la conversion de S. Pierre après le triple reniement de son Maître. Le regard d’infinie miséricorde de Jésus provoque les larmes du repentir (Lc 22, 61) et, après la résurrection du Seigneur, la triple affirmation de son amour envers lui (cf. Jn 21, 15-17). La seconde conversion a aussi une dimension communautaire. Cela apparaît dans l’appel du Seigneur à toute une Église : » Repends-toi ! » (Ap 2, 5. 16).
S. Ambroise dit des deux conversions que, dans l’Église, » il y a l’eau et les larmes : l’eau du Baptême et les larmes de la Pénitence » (ep. 41, 12 : PL 16, 1116B).
Pénitence intérieure
Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, » le sac et la cendre « , les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).
La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4).
Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : » Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :
Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce du repentir (S. Clément de Rome, Cor. 7,4).
Depuis Pâques, c’est l’Esprit Saint qui » confond » le monde en matière de péché » (Jn 16, 8-9), à savoir que le monde n’a pas cru en Celui que le Père a envoyé. Mais ce même Esprit, qui dévoile le péché, est le Consolateur (cf. Jn 15, 26) qui donne au cœur de l’homme la grâce du repentir et de la conversion (cf. Ac 2, 36-38 ; cf. Jean-Paul II, DeV 27-48).
Multiples formes de la pénitence
La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain (cf. Jc 5, 20) l’intercession des saints et la pratique de la charité » qui couvre une multitude de péchés » (1 P 4, 8).
La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5, 24 ; Is 1, 17), par l’aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, l’acceptation des souffrances, l’endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9, 23).
Eucharistie et Pénitence. La conversion et la pénitence quotidiennes trouvent leur source et leur nourriture dans l’Eucharistie, car en elle est rendu présent le sacrifice du Christ qui nous a réconciliés avec Dieu ; par elle sont nourris et fortifiés ceux qui vivent de la vie du Christ ; » elle est l’antidote qui nous libère de nos fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels » (Cc. Trente : DS 1638).
La lecture de l’Écriture Sainte, la prière de la Liturgie des Heures et du Notre Père, tout acte sincère de culte ou de piété ravive en nous l’esprit de conversion et de pénitence et contribue au pardon de nos péchés.
Les temps et les jours de pénitence au cours de l’année liturgique (le temps du carême, chaque vendredi en mémoire de la mort du Seigneur) sont des moments forts de la pratique pénitentielle de l’Église (cf. SC 109-110 ; ⇒ CIC, can. 1249-1253; CCEO, can. 880-883). Ces temps sont particulièrement appropriés pour les exercices spirituels, les liturgies pénitentielles, les pèlerinages en signe de pénitence, les privations volontaires comme le jeûne et l’aumône, le partage fraternel (œuvres caritatives et missionnaires).
Le mouvement de la conversion et de la pénitence a été merveilleusement décrit par Jésus dans la parabole dite » du fils prodigue » dont le centre est » le père miséricordieux » (Lc 15, 11-24) : la fascination d’une liberté illusoire, l’abandon de la maison paternelle ; la misère extrême dans laquelle le fils se trouve après avoir dilapidé sa fortune ; l’humiliation profonde de se voir obligé de paître des porcs, et pire encore, celle de désirer se nourrir des caroubes que mangeaient les cochons ; la réflexion sur les biens perdus ; le repentir et la décision de se déclarer coupable devant son père ; le chemin du retour ; l’accueil généreux par le père ; la joie du père : ce sont là des traits propres au processus de conversion. La belle robe, l’anneau et le banquet de fête sont des symboles de cette vie nouvelle, pure, digne, pleine de joie qu’est la vie de l’homme qui revient à Dieu et au sein de sa famille, qui est l’Église. Seul le cœur du Christ qui connaît les profondeurs de l’amour de son Père, a pu nous révéler l’abîme de sa miséricorde d’une manière si pleine de simplicité et de beauté.